Chaque dépense professionnelle correctement déduite diminue votre bénéfice. Et ce bénéfice sert de base à deux prélèvements à la fois, votre impôt sur le revenu et vos cotisations sociales.
Une charge oubliée se paie donc deux fois. Une charge déduite à tort, elle, se paie au premier contrôle.
D'abord, votre régime fiscal
La question ne se pose pas de la même façon selon votre régime.
En micro-BNC, vous ne déduisez aucune dépense réelle. L'administration applique un abattement forfaitaire de 34 % sur vos recettes, réputé couvrir l'ensemble de vos frais. Que votre loyer soit de 300 ou de 1 500 euros ne change rien à votre impôt.
En déclaration contrôlée (le régime réel), vous déduisez vos dépenses pour leur montant exact, sur la déclaration 2035. C'est à ce régime que s'adresse la liste qui suit.
Si vos frais réels dépassent 34 % de vos recettes (loyer élevé, investissement important, salarié), la déclaration contrôlée est souvent plus avantageuse, même sous le seuil du micro. Elle peut être choisie sur option.
Les quatre conditions d'une dépense déductible
Le code général des impôts pose un principe simple : sont déductibles les dépenses nécessitées par l'exercice de la profession. En pratique, une dépense doit remplir quatre conditions :
- Être engagée dans l'intérêt de votre activité, et non de votre vie privée
- Être justifiée par une facture, un ticket ou un relevé
- Être payée au cours de l'année : en BNC, on raisonne en trésorerie, une facture de décembre réglée en janvier compte pour l'année suivante
- Rester proportionnée à votre activité
Pour une dépense mixte, à la fois professionnelle et personnelle, seule la part professionnelle se déduit. C'est le cas du téléphone, de la voiture ou d'un cabinet installé à domicile.
Le local professionnel
C'est souvent le premier poste de dépenses, et le plus simple à justifier.
- Le loyer du cabinet et les charges locatives
- La redevance de collaboration versée au confrère qui vous accueille
- L'électricité, le chauffage, l'eau et le gaz
- L'entretien et le ménage, y compris la blanchisserie du linge du cabinet
- Les petites réparations du local
Si vous consultez à votre domicile, vous déduisez la quote-part du loyer et des charges correspondant à la surface affectée au cabinet. Une pièce de 15 m² dans un logement de 75 m², c'est 20 %.
Le matériel et les fournitures
Ici, tout dépend du prix.
Le petit matériel dont la valeur unitaire ne dépasse pas 500 € HT se déduit immédiatement, l'année de l'achat : coussins, rouleaux, tabouret, lampe, petit électroménager du cabinet.
Au-delà, le bien ne se déduit pas en une fois. Il s'amortit : son coût est étalé sur sa durée d'utilisation. Une table d'ostéopathie, un ordinateur ou du mobilier se déduisent ainsi par fractions, sur plusieurs années.
S'y ajoutent, sans condition de montant :
- Les consommables : draps d'examen, produits d'hygiène, désinfectant
- Les fournitures de bureau : papeterie, encre, papier
- La documentation professionnelle : ouvrages, revues, abonnements spécialisés
- La location de matériel ou de mobilier
Les blouses et tenues propres à l'exercice se déduisent, avec leur entretien. Les vêtements de ville, même portés uniquement au cabinet, ne se déduisent pas.
Le véhicule et les déplacements
Pour votre voiture, deux méthodes s'offrent à vous, et le choix vaut pour toute l'année.
Les frais réels : carburant, entretien, réparations, assurance et amortissement du véhicule, au prorata de l'usage professionnel. Cette méthode suppose de conserver chaque justificatif.
Le barème kilométrique : un montant par kilomètre professionnel parcouru, fixé chaque année par l'administration. Il couvre déjà le carburant, l'entretien, l'assurance et la dépréciation du véhicule. Il suffit de tenir le relevé de vos trajets.
Quelle que soit la méthode, s'ajoutent :
- Les péages et frais de stationnement liés aux trajets professionnels
- Le train, l'avion et l'hôtel pour une formation, un congrès ou des soins à domicile
- Les repas pris hors du domicile pour des raisons professionnelles, pour la seule part qui excède le coût d'un repas pris chez soi, dans la limite d'un plafond revu chaque année
Le trajet entre votre domicile et votre cabinet est, lui aussi, un déplacement professionnel déductible, dans la limite de 40 kilomètres en principe.
Le téléphone, internet et les logiciels
- Le forfait mobile et l'abonnement internet, pour leur part professionnelle
- Les logiciels : agenda en ligne, logiciel de gestion du cabinet, outil de comptabilité
- Le site internet : nom de domaine, hébergement, création
Les assurances
- La responsabilité civile professionnelle, obligatoire pour un ostéopathe
- L'assurance multirisque du local professionnel
- L'assurance du véhicule, uniquement si vous êtes aux frais réels, le barème l'incluant déjà
La prévoyance et la mutuelle personnelles relèvent d'un régime à part, décrit plus bas.
La formation
La formation continue fait partie du métier, et se déduit intégralement :
- Les formations, séminaires et stages
- Les congrès professionnels, avec leurs frais de transport et d'hébergement
- La supervision et l'analyse de pratique
Vos cotisations sociales personnelles
C'est un poste important, et souvent mal compris.
Vos cotisations obligatoires se déduisent en totalité : cotisations URSSAF (maladie, allocations familiales) et cotisations de retraite à la CIPAV, dont relèvent les ostéopathes.
La CSG ne se déduit qu'en partie : seule sa fraction dite déductible, 6,8 points, vient en diminution du bénéfice. La CRDS ne se déduit pas.
Les contrats Madelin (prévoyance, complémentaire santé, perte d'emploi subie) et les versements sur un plan d'épargne retraite se déduisent eux aussi, mais dans des plafonds calculés à partir de votre bénéfice. C'est ici que se nichent les erreurs les plus coûteuses : un versement au-delà du plafond n'est pas déductible.
Les impôts et taxes
- La cotisation foncière des entreprises (CFE), dont vous êtes exonéré l'année de votre installation
- La taxe foncière du local professionnel dont vous êtes propriétaire
- Les autres taxes liées à l'activité
L'impôt sur le revenu, lui, n'est jamais déductible.
Les honoraires et cotisations professionnelles
- Les honoraires de votre expert-comptable, d'un avocat ou d'un conseil
- Les cotisations à un syndicat professionnel ou à une association d'ostéopathes
- Les frais d'actes et de contentieux
Les frais bancaires et financiers
- Les frais de tenue du compte professionnel
- Les commissions du terminal de paiement
- Les intérêts d'un emprunt professionnel et les agios
Le remboursement du capital de l'emprunt ne se déduit pas. Ce que l'emprunt a financé, une table ou des travaux, se déduit déjà par l'amortissement.
Ce qui ne se déduit jamais
- L'impôt sur le revenu
- Les amendes et contraventions, même reçues lors d'un déplacement professionnel
- Le capital d'un emprunt
- Le matériel de plus de 500 € HT en une seule fois
- Les vêtements de ville
- Les dépenses personnelles ou familiales
- Toute dépense sans justificatif
Les erreurs les plus fréquentes
Déduire la table d'un coup. Au-delà de 500 € HT, elle s'amortit. La déduire en totalité gonfle vos charges de l'année et fausse les suivantes.
Tout ranger en « frais divers ». Le total de votre 2035 peut être juste et son détail faux. Or c'est le détail que l'administration lit : des frais divers anormalement élevés attirent l'attention.
Perdre les justificatifs. Une dépense réelle mais non justifiée est rejetée en cas de contrôle, avec pénalités.
Oublier la part personnelle. Un forfait téléphonique ou un véhicule à usage mixte déduit à 100 % est une rectification assurée.
Questions fréquentes
Un ostéopathe en micro-BNC peut-il déduire ses frais ?
Non. L'abattement forfaitaire de 34 % remplace la déduction des frais réels. Si vos frais dépassent ce taux, la déclaration contrôlée mérite d'être étudiée.
Ma table d'ostéopathie est-elle déductible ?
Oui, mais au-delà de 500 € HT elle s'amortit sur plusieurs années au lieu d'être déduite l'année de l'achat.
Mes cotisations CIPAV sont-elles déductibles ?
Oui, les cotisations de retraite obligatoires se déduisent en totalité.
Puis-je déduire mes repas du midi ?
Seulement s'ils sont pris hors de chez vous pour des raisons professionnelles, et pour la part qui excède le coût d'un repas à domicile, dans la limite d'un plafond fixé chaque année.
Combien de temps conserver mes justificatifs ?
Six ans, c'est le délai pendant lequel l'administration peut les demander. Pour les biens amortis, conservez la facture d'achat tant que l'amortissement court, puis six ans encore.
Sources et méthodologie
Les règles citées dans cet article proviennent des sources publiques suivantes, à vérifier pour votre situation personnelle :
- Code général des impôts : article 93 (dépenses nécessitées par l'exercice de la profession), article 102 ter (régime micro-BNC et abattement de 34 %), article 154 bis (contrats Madelin), article 154 quinquies (CSG déductible)
- BOFiP : BOI-BNC-BASE-40 (dépenses déductibles des bénéfices non commerciaux) et barème kilométrique publié chaque année
- Livre des procédures fiscales : article L102 B (durée de conservation des justificatifs)
- impots.gouv.fr : notice de la déclaration 2035
- URSSAF : cotisations des professions libérales non réglementées
Article à jour en septembre 2026.
Les plafonds et barèmes évoqués (repas, Madelin, PER, barème kilométrique) sont revalorisés chaque année : vérifiez les montants de l'année de votre déclaration.
Ces repères ne remplacent pas l'avis d'un expert-comptable sur votre situation.
Pour ne perdre aucune dépense, un logiciel dédié comme Olnis lit vos justificatifs, vérifie qu'ils correspondent à la dépense, les classe dans la bonne rubrique de la 2035 et vous remet le Cerfa prérempli au moment de déclarer. Les jeunes diplômés bénéficient de 30 % de remise sur leurs deux premiers mois.